Les entreprises sont confrontées à une crise de confiance envers les dirigeants

12 mars 2020

Les entreprises sont confrontées à une crise de confiance envers les dirigeants

Seulement 15 % des dirigeants pensent que la direction de leur entreprise réussira à gérer les perturbations, telles que l'épidémie de COVID-19

Seulement 15 % des chefs d’entreprise à l’échelle mondiale ont confiance en leur propre direction pour gérer efficacement les perturbations à venir, telles que les pandémies, les progrès technologiques, les transformations démographiques et les changements climatiques. Ce manque de confiance est frappant, car 95 % des dirigeants estiment qu'une bonne gestion des perturbations est essentielle à la réussite des entreprises en période de turbulences.

Ces conclusions sont tirées d’une nouvelle analyse globale d’Odgers Berndtson, chef de file mondial dans le recrutement de cadres, qui fait état d’une crise de confiance envers les dirigeants de grandes entreprises et qui obligera les entreprises prospères à « réinventer le leadership » pour s’adapter au monde moderne. Ce renouvellement est particulièrement important aujourd’hui, car selon les services analytiques de la Harvard Business Review (HBR-AS), les cadres supérieurs partout dans le monde estiment qu’une bonne gestion des perturbations est non seulement essentielle au succès de l’entreprise, mais qu’elle procure également un « avantage concurrentiel non négligeable ».

« La qualité du leadership est essentielle au succès des entreprises, en particulier lorsqu'elles sont confrontées à une menace extérieure inattendue pour leur activité », a déclaré Eric Beaudan, chef mondial de la pratique Leadership chez Odgers Berndtson. « La récente épidémie de coronavirus est un autre exemple de la difficulté de diriger une organisation dans l'écosystème mondial actuel, qui évolue rapidement. La capacité des dirigeants à répondre à ces risques émergents sera essentielle pour le succès de leur organisation ».

Grâce à une méthode mise au point avec les HBR-AS, la firme de recrutement lance aujourd’hui le premier indice de confiance dans les hauts dirigeants Odgers Berndtson. À partir de données recueillies auprès de quelque 2 000 cadres supérieurs, gestionnaires et membres de conseils d’administration d’entreprises des quatre coins du monde qui affichent un chiffre d’affaires de 50 millions à 5 milliards de dollars, on a dégagé une première mesure de la confiance dans la capacité des hauts dirigeants à favoriser la réussite de leur entreprise en période de perturbations.

Dans son rapport, Odgers Berndtson note que 88 % des cadres supérieurs et des dirigeants s’attendent à ce que ces perturbations s’intensifient au cours des cinq prochaines années, et presque autant (85 %) disent qu’elles ont déjà eu des répercussions sur leur entreprise. Seulement 16 % des cadres supérieurs déclarent que la haute direction de leur entreprise a bien géré ces perturbations jusqu’à présent, et ils sont encore moins nombreux (15 %) à penser que ce sera encore le cas au cours des années à venir. La majorité (61 %) des répondants demeurent incertains, mais le quart d’entre eux (24 %) sont ouvertement inquiets – et les résultats sont similaires dans toutes les régions du monde.

Cette crise de confiance apparaît plus frappante lorsqu’il s’agit des rôles individuels et des dirigeants, notamment les directeurs généraux. Même si 85 % des répondants estiment que le PDG a le rôle le plus déterminant à jouer, 40 % doutent que la personne à la tête de leur entreprise soit en mesure de bien gérer les perturbations à l’horizon des cinq prochaines années. De même, l’indice montre que la confiance fait également défaut à l’égard de tous les postes de la haute direction, y compris les responsables des finances, des ressources humaines et des technologies, et qu’il existe des différences marquées entre les 15 % de dirigeants qui inspirent le plus confiance, et les autres.

L’indice permet également de dégager les qualités et les caractéristiques dont les cadres supérieurs ont le plus besoin pour réussir en périodes de changement. « La qualité du leadership n’a jamais été aussi importante, affirme Kester Scrope, chef de la direction d’Odgers Berndtson. Pour la première fois, cet indice met précisément en lumière les caractéristiques que doivent posséder les dirigeants pour gérer des organisations confiantes en leurs capacités et adaptées au monde moderne ».

L’indice, qui mesure le niveau de confiance dans les hauts dirigeants, établit également une comparaison entre les entreprises qui obtiennent un score élevé à cet égard et les autres. Les entreprises confiantes sont les plus positives quant au courage, à la vision et à la curiosité de leurs dirigeants, ainsi qu’à leur capacité à susciter un sentiment d’utilité, et à favoriser la confiance et la collaboration.

Odgers Berndtson estime que le leadership doit évoluer pour que les entreprises puissent prospérer dans un monde complexe et incertain : elles seront appelées à combiner le dynamisme, la souplesse et la curiosité nécessaires pour faire face à des transformations constantes, mais devront également faire preuve de vision et de courage pour piloter le changement, et être capables de résilience pour maintenir le cap. Les dirigeants devront adopter un esprit d’ouverture face au changement et faire preuve de l’humilité requise pour abandonner leurs anciennes structures de commandement et de contrôle.

« Dans cette étude, nous avons découvert que les dirigeants qui ont réussi dans le passé et qui sont peut-être aujourd’hui de bons PDG, DF, DTI ou DRH, n’ont pas forcément les compétences, l’état d’esprit ou les capacités nécessaires pour faire face aux changements et aux défis des années à venir », déclare M. Beaudan. « Les dirigeants qui connaissent du succès aujourd’hui doivent avoir une attitude saine à l’égard du changement, attitude qui doit être communiquée, démontrée et mise en pratique à tous les échelons de l’organisation ».

« Le perfectionnement des talents figure parmi les grandes priorités et responsabilités du conseil d’administration et des cadres supérieurs. Ce n’est pas qu’une question de RH, ce n’est pas qu’une question de PDG, c’est une question de survie de l’entreprise », conclut M. Beaudan.

*Vous trouverez d’autres faits saillants de l’étude ici.