Le conseil d’administration (CA) de votre entreprise évite-t-il toujours l’enjeu du développement durable?

08 oct. 2019

Le conseil d’administration (CA) de votre entreprise évite-t-il toujours l’enjeu du développement durable?

Voici pourquoi votre CA n’a plus le choix de prendre au sérieux les enjeux climatiques et environnementaux

Le rapport de Deloitte intitulé Sustainability and the board: What do directors need to know in 2018 (en anglais) (lien) était clair.

« Même si le développement durable n’est pas forcément le premier sujet à l’ordre du jour lors des rencontres du conseil d’administration, il joue néanmoins un rôle prépondérant dans la compétitivité entre sociétés et dans leur capacité à poursuivre leurs activités.

Alors que traditionnellement, le développement durable regroupait des sujets aussi différents que les catastrophes environnementales, les relations de travail, les incidents de sécurité ou les scandales, elle touche tous les secteurs et constitue un défi, même pour les entreprises les plus progressistes et les directeurs les plus réfléchis. »

Deloitte constate que l’on consacre plus de temps au développement durable pendant les réunions des conseils d’administration et à l’extérieur de celles-ci. Ceci était en partie attribuable « au fait qu’il n’existe pas une approche unique et normalisée pour intégrer les questions environnementales, sociales et de gouvernance aux discussions des conseils d’administration sur les stratégies d’affaires et les risques. »

« Les enjeux sont de taille, et les administrateurs doivent agir maintenant pour faire du développement durable un élément fondamental de leur gouvernance et de leur rôle de fiduciaire. »

Si nous ne pouvons pas compter sur les administrateurs pour jouer le rôle qui leur incombe dans la résolution de certains des problèmes environnementaux les plus brûlants (au propre comme au figuré), alors l’avenir est en effet très sombre.

La responsabilité du conseil d’administration

Qu’en est-il des conseils d’administration qui négligent, ou qui ignorent tout simplement, les avantages évidents d’un solide programme de développement durable? Le rapport de Deloitte répond qu’ils le font à leur propre risque. Les preuves indiquant que les facteurs du développement durable ont une incidence sur les rendements et bonifient la valeur à long terme sont de plus en plus nombreuses.

Que devrait faire le conseil d’administration?

Kit Bingham, associé, pratique Administrateurs du bureau d’Odgers Berndtson à Londres et chef des pratiques relatives aux postes exécutifs et non exécutifs affirme :

« Le rôle du conseil d’administration est de "créer aujourd’hui la compagnie de demain". On en déduit que les conseils d’administration doivent planifier et évaluer les menaces et possibilités stratégiques à long terme de l’entreprise, pour veiller à ce qu’elle continue d’évoluer et puisse s’adapter à un environnement changeant ».

Sur une note critique, M. Bingham ajoute : « Le développement durable et la réponse aux changements climatiques sont au cœur de la survie et du succès à long terme d’une entreprise, ce qui en fait des enjeux cruciaux pour les CA. Par le passé, bon nombre de conseils d’administration et d’entreprises ont opté pour des solutions faciles et peu coûteuses – un généreux don à un organisme de bienfaisance ou une brochure sur beau papier glacé. Aujourd’hui, cela ne suffit plus ».

Le pivot de la raison d’être

Coro Strandberg, experte du leadership en développement durable et des pratiques et relations d’affaires transformationnelles établie à Vancouver, ajoute ce qui suit aux propos de M. Bingham.

La discussion au sein du conseil d’administration doit être encore plus approfondie et plus fondamentale.

Mme Strandberg explique : « À l’avenir, nous nous attarderons à redéfinir le but de l’entreprise, soit une question qui doit préoccuper tout conseil d’administration. » Mme Strandberg parle d’une « question culminante », à laquelle doivent répondre tant les actionnaires que les propriétaires d’entreprises et les dirigeants de celles-ci. « Ce que j’appelle le "pivot de la raison d’être" », ajoute-t-elle. « Je ne commencerais pas par dire "maintenant que vous siégez au conseil d’administration, quelles mesures prendrez-vous à l’égard du développement durable? " ».

« Je demanderais plutôt à ses membres de préciser la raison d’être de la compagnie et la façon dont le conseil d’administration peut exercer un contrôle sur cette raison. »

Pour Mme Strandberg, cela signifie un appel à l’action lancé aux conseils d’administration pour donner à l’entreprise "une raison d’être humanitaire ou sociétale" qui va au-delà des profits, des gains des actionnaires et d’un bon service à la clientèle. Toutefois, ces aspects essentiels ne peuvent être négligés, de toute évidence. Cette approche générale et fondamentale à ce qu’est une entreprise ainsi que ses valeurs a été vivement mise en lumière par les crises que nous traversons. On ne saurait trop insister sur le rôle que doivent jouer les directeurs de conseils d’administration dans cette tourmente.

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Read our report ‘People, Planet and Profits: How Sustainability Boosts Performance and Attracts Talent’. 

Mesurer le rendement

Tony Gaffney, associé directeur au sein du service des conseils d’administration et de la haute direction à Odgers Berndtson Canada, fait écho à ce point de vue : « Les conseils d’administration ont le devoir de réfléchir à la façon dont leur entreprise et ses mesures de développement durable se conforment aux nouvelles normes ESG et de s’assurer que leur plan d’affaires soit fondé sur ces normes. Les considérations liées au développement durable sont différentes d’un secteur à un autre. Cependant, les entreprises se doivent de réfléchir au développement durable en tenant compte du point de vue de leurs clients, des investisseurs, des employés et d’autres intervenants ».

Les attentes sur le rôle sociétal de l’entreprise sont plus élevées, croit Mme Strandberg, tous les intervenants s’attendent à ce que les entreprises jouent un rôle plus actif au sein de la société.

« Cela pourrait même obliger le conseil d’administration à revoir l’essence même de l’entreprise, sa raison d’être. »

Cet état de fait peut être relié au déclin général de la confiance du public (à l’égard des gouvernements, des organisations, des entreprises, etc.). En outre, les investisseurs en demandent davantage et les clients somment les entreprises d’agir.

Pour Mme Strandberg et M. Bingham, il importe d’éviter les gestes symboliques à tout prix. Mme Strandberg estime que le simple fait d’agir comme administrateur où vous êtes, peut-être, l’unique expert du développement durable ne suffit plus.

« Il ne doit plus y avoir qu’un seul administrateur, qu’une seule personne qualifiée d’experte de la viabilité! ». Ma solution aux gestes symboliques? L’éducation du conseil d’administration sur les dossiers du développement durable essentiels à votre entreprise. Également, vous devez pouvoir compter sur un président très qualifié et sur d’autres administrateurs qui ne craignent pas la diversité d’idées ». 

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