L’expression anglaise Brace for impact résume bien l’attitude que l’on doit adopter ces jours-ci face à ce qui nous attend. Qu’il s’agisse des changements climatiques, des transformations technologiques ou de l’évolution des courants politiques, il faut développer une grande capacité d’adaptation en cette ère de transition à vitesse grand V.

C’est là l’essentiel du message livré par Luc Vallée, stratège en chef chez Valeurs mobilières Banque Laurentienne, une division de la Banque Laurentienne, lors d’une causerie réunissant des administrateurs, des exécutifs et des cadres supérieurs à l’initiative du bureau montréalais de Odgers Berndtson. De l’impact des politiques mises de l’avant par la nouvelle administration de Trump chez nos voisins du Sud, à la Chine, en passant par l’Europe, la robotisation, l’énergie et les changements climatiques, il a dressé un portrait des perspectives économiques et géopolitiques pour mieux naviguer durant cette période d’incertitude économique et politique.

Voici quelques faits saillants :

Au pays de Donald

Le côté imprévisible de Donald Trump entraine une instabilité qui vient placer le Canada dans une position délicate. Tandis qu’il est difficile de mesurer l’impact de certaines réformes, comme celle de l’Obamacare et la révision de l’ALENA, la dérèglementation, en particulier dans le secteur de l’énergie, et la baisse des impôts sur les corporations placeront le Canada en situation de désavantage. En revanche, la relance du plan d’infrastructures américain pourrait générer des opportunités intéressantes pour les entreprises canadiennes.

Déclin de la Chine

D’un point de vue global, l’endettement de la Chine, qui a triplé depuis 2008, constitue un enjeu de taille. En manipulant sa devise dans le but de stimuler son économie, la Chine s’est engagée dans un jeu dangereux qui pourrait se retourner contre elle alors que ses partenaires commerciaux sont tentés de réagir en adoptant des politiques protectionnistes qui risquent de mettre en péril la mondialisation. Comment contrer le ralentissement économique et l’instabilité politique que cela pourrait générer et ralentir le cycle de la dette?

L’Europe en crise

Avec le Brexit, même si on a jusqu’à maintenant su éviter le Frexit et l’Italexit, il est clair que l’Europe est en crise. Le fardeau de l’euro est lourd à porter dans certains pays où la croissance est faible et la dette élevée. On réclame aussi plus de flexibilité au niveau des politiques économiques et une réduction de l’influence des bureaucrates sur la capacité des parlements nationaux à faire valoir leur souveraineté.

Robotisation 2.0

L’intelligence artificielle va entrainer une nouvelle vague d’automatisation importante sur la planète qui n’est pas sans rappeler ce qui s’est passé suite à la révolution industrielle à la fin du 19e et au début du 20e siècle. En particulier, en Chine et en Inde, où le sous-emploi est encore chronique, cette robotisation de l’économie risque de créer des problèmes politiques importants. Comment absorber tous ces travailleurs non-qualifiés dans un contexte où les emplois vont changer et exiger plus de compétences? En plus, l’adoption de ces nouvelles technologies dans les pays développés, en renversant le phénomène de relocalisation (reshoring), pourra exacerber les tensions sur le marché du travail dans les pays émergents en y limitant les opportunités de création d’emplois.

L’immobilier au Canada

La spéculation immobilière a atteint des niveaux spectaculaires à Vancouver en 2016 et, après s’être déplacée vers Toronto, celle-ci risque de toucher Montréal et d’autres villes au pays en 2017. De nouvelles taxes imposées aux acheteurs étrangers, d’abord à Vancouver et maintenant à Toronto, n’ont pour l’instant fait que déplacer le problème. D’autres mesures sont à envisager mais auront-elles des effets néfastes sur la croissance au Canada?

Le pétrole en hausse

En ce qui a trait au pétrole, on a largement surestimé la réduction de notre consommation. Le nombre de voitures à combustion demeure en hausse constante sur la planète et l’avènement des véhicules électriques reste marginal.

Pour ce qui est des énergies renouvelables comme celle du vent et du soleil, leur volume n’est pas encore assez significatif pour générer des retombées appréciables sur notre consommation d’énergies conventionnelles. Le coût des énergies vertes reste élevé et leur capacité à intégrer les réseaux existants de distribution énergétique est encore limitée. Il faut travailler à peaufiner ces solutions pour limiter les émissions de gaz à effet de serre en adoptant des politiques publiques qui s’appuient sur des bases scientifiques et financières solides plutôt que des vœux pieux.

En résumé, ces perspectives créent à la fois de l’incertitude et des opportunités sur les marchés. Bien que les économistes ne possèdent pas une boule de cristal quant aux évènements futurs, ils contribuent à procurer un éclairage utile pour permettre aux gestionnaires de se poser les bonnes questions afin de mieux positionner leur entreprise à faire face aux nombreux enjeux économiques et géopolitiques.

Alain Dudoit (Réseau QG100) et Karl Gauvin (OpenMind Capital)Alain Dudoit (Réseau QG100) et Karl Gauvin (OpenMind Capital)

Céline Sage (WSP Canada Inc.) et Lucie FrenièreCéline Sage (WSP Canada Inc.) et Lucie Frenière

Elaine Roper (Odgers Berndtson), Jean Elie, Tom Foster (Odgers Berndtson) et Robert Blais (Desjardins)Elaine Roper (Odgers Berndtson), Jean Elie, Tom Foster (Odgers Berndtson) et Robert Blais (Desjardins)

Annie Blouin (Odgers Berndtson) et Eric Beaudan (Odgers Berndtson)Annie Blouin (Odgers Berndtson) et Eric Beaudan (Odgers Berndtson)

Les participants à la conférence écoutent l’exposé de Luc Vallée au sujet d’enjeux économiques et géopolitiques mondiaux.Les participants à la conférence écoutent l’exposé de Luc Vallée au sujet d’enjeux économiques et géopolitiques mondiaux.

Geneviève Falconetto (Odgers Berndtson), Nathalie Francisci (Odgers Berndtson), Luc Vallée (Banque Laurentienne) et Annie Blouin (Odgers Berndtson)Geneviève Falconetto (Odgers Berndtson), Nathalie Francisci (Odgers Berndtson), Luc Vallée (Banque Laurentienne) et Annie Blouin (Odgers Berndtson)

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