Comment se démarque-t-on dans un monde où les technologies et les médias sociaux sont une menace pour notre industrie? Voilà la question que pose Carl Lovas, président canadien d'Odgers Berndtson, et qui est sur toutes les lèvres à l'AESC, regroupement de firmes spécialisées et multinationales de recrutement.

Même si leur pertinence pour des postes de haute direction est loin d'être éprouvée, les réseaux sociaux comme LinkedIn créent l'impression que les clients peuvent identifier eux-mêmes les candidats sans faire appel à une firme de recrutement de cadres. La crise financière mondiale a d'ailleurs généré un environnement économique qui a mis ce phénomène à l'épreuve. Certains experts sont allés jusqu'à suggérer que les médias sociaux avaient annoncé le début de la fin pour l'industrie du recrutement de cadres.

Malgré tout, même si le recrutement de cadres a connu un certain degré de désintermédiation à cause de ces facteurs, les firmes comme Odgers Berndtson au Canada enregistrent aujourd'hui des résultats records. M. Lovas affirme que le chiffre d'affaires de la firme a augmenté de 40 % l'an dernier, faisant de 2014 l'une des années les plus profitables depuis sa création. Selon lui, Odgers Berndtson Canada poursuit sa lancée extraordinaire en 2015.

« L'ère du généraliste est presque révolue »

Odgers Berndtson est une firme multinationale gérée de façon centralisée et présente dans 27 pays. Selon la firme, son expertise locale fait d’elle un partenaire de recrutement de cadres qui, tout en étant bien au fait des besoins spécifiques et régionaux des clients, offre la marque et la portée d'une firme d'envergure internationale. M. Lovas explique que l'entreprise a changé sa mentalité : elle tend dorénavant à devenir spécialiste des industries et des régions au sein desquelles elle travaille.

« Le recrutement de cadres et le secteur des services professionnels évoluent. L'ère du généraliste est presque révolue. Les clients ne sont plus prêts à payer pour des cadres articulés et intelligents qui débarquent et disent vouloir sauver leur entreprise. Ils désirent plutôt quelqu'un qui possède un savoir approfondi et qui ajoutera de la valeur dès la première minute. Cet objectif est atteint lorsqu'on ajoute une expertise solide et spécialisée selon le secteur. Nous savions qu'il fallait nous adapter. »

Pour réussir cette mission, Odgers Berndtson Canada a franchi d'importantes étapes au cours des 14 derniers mois : la mise sur pied de trois nouvelles pratiques pour le recrutement de directeurs financiers, d’administrateurs et de cadres du secteur minier), l'ouverture de deux nouveaux bureaux dans l'Ouest canadien, l'acquisition de RenaudFoster à Ottawa et la croissance de ses services d'évaluation du leadership et de recrutement de cadres intérimaires partout au pays.

M. Lovas explique que la mise en pratique d'une stratégie axée sur l'industrie et sur les spécialistes fonctionnels a vraiment mis le vent dans les voiles de la firme. « Non seulement notre chiffre d’affaires a connu une croissance considérable, mais la qualité et la portée du travail que nous faisons ont également augmenté. »

Conquérir le cœur et l'esprit des clients

Réaliste, M. Lovas s'adapte aux changements qui surviennent dans le milieu du recrutement de cadres. Il croit que la proposition de valeur des firmes de recrutement a changé ces dernières années et que celles-ci doivent redoubler d'efforts pour conclure des affaires. « Comprendre ce qui définit un directeur financier d'exception, comprendre en quoi un profil de directeur financier cadre parfaitement avec une organisation, et faire en sorte que ce directeur financier retourne nos appels, ça fait toute la différence », affirme M. Lovas.

Afin de se démarquer en tant que spécialiste par secteur et par industrie, Odgers Berndtson a déployé une série d'initiatives qui, ensemble, touchent visiblement le cœur et l'esprit de ses clients. La firme vient tout juste d'annoncer son partenariat avec la Rotman School of Management, la meilleure école de gestion au Canada selon le Financial Times, dans le cadre d'un nouveau cours de 5 jours destiné aux directeurs financiers. La firme et l'école de gestion ont travaillé avec des directeurs financiers, des chefs de la direction et des auditeurs de premier plan afin de concevoir un cours qui aidera les participants à développer les aptitudes essentielles pour assurer leur succès en tant qu’individu et membre d’équipe de la fonction finance.

De plus, Odgers Berndtson a déployé ses services d'évaluation du leadership partout au pays, dans le cadre de sa stratégie nationale et internationale pour tisser des liens plus étroits avec ses clients. « J'ai toujours cru que le recrutement de cadres était limité par son offre de produit unique, dit M. Lovas. Même les plus grandes organisations traversent parfois de longues périodes sans avoir besoin de rechercher des cadres. Une offre de services plus englobante nous permet de demeurer pertinents et de rester en contact avec nos clients entre les périodes de recrutement. De plus, l'évaluation mène par la suite à un meilleur travail de recrutement. Si nous sommes meilleurs pour évaluer le talent, la qualité de notre travail de recrutement n'en sera que rehaussée et nos clients le reconnaîtront. »

M. Lovas explique avec enthousiasme que la firme a été récemment contactée par l'une des principales banques au pays. La banque a tellement apprécié les techniques d'évaluation de la firme qu'elle a demandé à Odgers Berndtson de fournir ces mêmes services pour toutes ses promotions à l'interne. « Pouvez-vous imaginer les avantages que cela représente? Nous sommes régulièrement engagés dans un dialogue avec le client! »

Chef de la direction pour un jour

Le plus important programme qu'Odgers Berndtson ait lancé au Canada ces deux dernières années demeure l'événement CEO X 1 Jour. Le programme, qui a fait l'objet de couverture médiatique nationale et de capsules lors d'émissions matinales, jumelle des étudiants universitaires de troisième ou quatrième année avec 20 chefs de la direction parmi les plus grandes entreprises au Canada, dont GE, Aon Hewitt et Hugo Boss. Les étudiants sont soumis à un processus d'évaluation rigoureux dont l'intensité, selon M. Lovas, équivaut à celle de l'évaluation qu'on mène lors du recrutement de cadres (voir le tableau). Le processus évalue le potentiel des étudiants pour le programme et pour le jumelage avec les chefs de la direction participants. Les candidats choisis passent ensuite une journée entière avec un chef de la direction afin d'expérimenter ce rôle dans la vraie vie, ce qui profite, selon M. Lovas, autant aux étudiants qu'aux dirigeants.

« Les chefs de la direction sont très désireux de rendre leur organisation chaleureuse et attrayante aux yeux de la génération qui arrive sur le marché du travail afin d'être en mesure d'attirer les meilleurs talents, dit-il. Ce programme leur donne un indice de ce que les meilleurs candidats recherchent lorsqu’ils sortent de l'université. »

Alors, qu’ont-ils en tête? La prochaine génération est-elle aussi susceptible de perturber les structures organisationnelles qu'on le pense? Selon M. Lovas, les meilleurs 10 % de chaque génération ont beaucoup en commun. « On dit que la génération Y s'intéresse beaucoup plus à l'équilibre travail/vie personnelle, mais lorsqu'on observe les futurs leaders de cette génération, on constate qu'ils sont tout aussi motivés et engagés que les précédents. »

Le programme CEO X 1 Jour distingue Odgers Berndtson à titre d'experts en leadership, en plus de renforcer les liens avec les chefs de la direction d'entreprises parmi les plus importantes au Canada, de servir la société en investissant dans la future génération de leaders et d'attirer l'intérêt public. « Nous sommes les seuls à offrir ce programme, dit M. Lovas. Chaque fois que je le dis, je me pince pour m’assurer que je ne rêve pas. »

Il semble donc que c'est en 2014 que la stratégie d'Odgers Berndtson a porté ses fruits, après cinq ans de planification. En se remettant en question, en évaluant ce qu'elle offrait et en comparant cette offre aux besoins des clients, la firme a su se réaffirmer en tant que spécialiste tout en conservant leur portée au pays. En doublant cette stratégie d'une offensive de charme, Odgers Berndtson a réussi à se distinguer des avancées technologiques et de la concurrence au Canada.

Article tiré du magazine de l'AESC.

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