Intelligence artificielle cadres dirigeants et conseil d'administration

04 juin 2019

Intelligence artificielle cadres dirigeants et conseil d'administration

Votre comité de direction est-il prêt pour l'IA?

Odgers Berndtson s’est associé à l’Institut des administrateurs de sociétés pour alimenter la réflexion sur le rôle du comité exécutif et des conseils d’administration à l’égard de l’intelligence artificielle (IA).

Lors d’une causerie tenue à Montréal, nous avons eu le plaisir d’accueillir des experts en la matière: Jean-François Gagné, cofondateur et président  d’Element AI ainsi que Cari Covent, vice-présidente, Intelligence artificielle, Société Canadian Tire.

Il y a consensus, nous sommes à l’aube d’une révolution. Les entreprises ne pourront pas échapper à l’impact de l’IA, et le changement sera tout aussi perturbateur que l’arrivée d’internet. Les entreprises qui tardent à prendre au sérieux l’ampleur de la transformation accuseront un retard sur leurs concurrents.

Voici les faits saillants d’une conversation riche en réflexions :

 

Il faut gérer le changement

L’intégration de l’intelligence artificielle est une vaste opération de gestion du changement. Elle requiert une vision claire à laquelle tous les secteurs de l’entreprise doivent adhérer autant par le biais des outils et des ressources pour réaliser la vision qu’un résultat quantifiable pour en mesurer le succès.

 

L’IA suscite des craintes

L’IA affecte profondément la culture et le modèle d’affaire d’une entreprise. Comme toute initiative, elle appelle au compromis entre les valeurs de l’entreprise et les possibilités offertes par les données et la technologie. Ainsi, il est important de tenir compte des appréhensions des parties prenantes soucieuses de l’éthique, de la protection de la vie privée ou de l’inclusion, et de composer avec les craintes des employés face à la peur de perdre leur emploi. À cet égard, les panélistes ont réitéré l’importance de garder le cap sur la vision, les possibilités et les avantages de l’IA. Les emplois ne seront pas nécessairement éliminés, mais transformés. Il faudra former les employés afin qu’ils développent de nouvelles compétences.

 

La haute direction doit se mobiliser

La transformation profonde d’un modèle d’affaires demande un engagement de la haute direction qui doit clairement déclarer son intention d’implanter l’IA, de l’intégrer à la stratégie de l’entreprise et d’y affecter les ressources nécessaires. La formation est un élément essentiel du succès et la haute direction n’y échappe pas. À cet effet, les leaders de Canadian Tire ont participé à un séminaire de trois jours qui leur a permis d’acquérir un langage commun, des connaissances et une compréhension de l’IA.

 

Le conseil d’administration doit jouer son rôle

Puisque l’IA change profondément la stratégie d’une entreprise, le conseil doit avoir une vision de son rôle de gouvernance dans un nouveau contexte, être en mesure de poser les bonnes questions et de bien saisir les risques et les opportunités. Si l’IA est source d’avantages bien réels, le cadre de gestion du risque de l’entreprise doit tenir compte des nouvelles sensibilités qui en découlent. En collaboration avec la haute direction, le conseil doit contribuer à orienter la stratégie pour s’assurer que l’utilisation des données respecte des règles de transparence et d’autres considérations éthiques.

 

Qui dirige l’initiative?

L’adoption de l’IA est avant tout une décision d’affaires et la démarche doit être dirigée par une équipe indépendante des TI, ayant une vue d’ensemble sur les activités de l’entreprise, dont la mission sera de répondre aux besoins d’affaires de celle-ci en utilisant les données comme force de levier. Dans ce contexte, le service des TI sera surtout un partenaire de choix pour soutenir l’équipe responsable d’implanter l’IA. Mais avant tout, il faudra s’assurer d’avoir une gestion et une stratégie de données qui permettront l’utilisation de l’IA, sans quoi il sera impossible de faire quoi que ce soit. Il faut aussi avoir les moyens de se doter d’une équipe de spécialistes. Nos panélistes ont d’ailleurs souligné que la rareté des ressources en intelligence artificielle et la concurrence féroce pour attirer et retenir des candidats qualifiés demeurent un enjeu de taille.

 

Garder le cap avec les employés

Les panélistes ont tous deux souligné l’importance de promouvoir auprès des employés la contribution de l’IA à la croissance et à la pérennité de l’entreprise. L’automatisation des tâches est une source d’enrichissement des rôles et responsabilités, et la formation leur permet d’acquérir de nouvelles compétences et de croître sur le plan professionnel.

Finalement, merci à nos panélistes, qui ont fait preuve d’une grande générosité à l’égard de leur expérience et de leur savoir et à Anthony Batchelor, Associé de la pratique Technologie chez Odgers Berndtson pour avoir mené cette discussion rondement.

Vous trouverez ci-dessous des photos de l’événement. Voici la galerie de photos complète. 

De gauche à droite: Geneviève Falconetto, Cynthia Brisebois, JF Gagné, Cari Covent et Anthony Batchelor

Cynthia Brisebois, directrice principale d’Odgers Berndtson et maître d’œuvre de l’événement, donne le coup d’envoi

Élaine Barsalou, directrice générale d’IAS Québec, s’adresse aux participants

De gauche à droite : Anthony Batchelor, Cari Covent et JF Gagné

l’événement a affiché complet 

Geneviève Falconetto, associée directeur d’Odgers Berndtson, clôt l’événement