Faites connaissance avec la banque la plus importante dont vous n’avez jamais entendu parler auparavant

08 oct. 2019

Faites connaissance avec la banque la plus importante dont vous n’avez jamais entendu parler auparavant

Est-ce que Plastic Bank peut inverser la tendance et s’attaquer réellement au polluant le plus tenace de nos océans?

Les statistiques sur les déchets de plastique sont saisissantes. En 1950, les 2,5 milliards d’habitants de la planète produisaient 1,5 million de tonnes de plastique. En 2016, sept milliards de personnes ont généré plus de 320 millions de tonnes de plastique. Et l’on prévoit atteindre deux fois ce chiffre d’ici 2034.

Chaque jour, environ huit millions de particules de plastique se retrouvent dans nos océans. Des études récentes ont révélé la présence de plastique dans 100 % des tortues marines, 59 % des baleines, 36 % des phoques et 40 % des espèces d’oiseaux marins examinés.

Prendre des mesures pour éliminer le plastique

Au lieu de simplement baisser les bras devant ces chiffres alarmants, des leaders visionnaires ont décidé de prendre d’importantes mesures.

Parmi ces leaders, l’on retrouve David Katz, PDG et Shaun Frankson, les deux et cofondateurs de Plastic Bank. Plastic Bank est un organisme sans but lucratif de Vancouver lancé en 2013. Sa mission est simple. Mettre fin au plastique dans les océans en « réunissant un milliard de personnes pour monétiser les déchets, tout en améliorant la qualité de vie ». 

Plastic Bank paie à ceux et celles qui font la collecte de déchets de plastique un prix supérieur à leur valeur sur le marché.

Les déchets ainsi récupérés sont réduits en flocons et transportés à bord de navires de charge qui autrement auraient fait leur voyage de retour à vide vers l’Amérique du Nord ou l’Europe.

Payer avec du plastique

Selon M. Katz, Plastic Bank « est une solution de base pour prévenir le flot de plastique dans nos océans ». On affirme que 80 % du plastique présent dans les océans provient de pays où sévit une extrême pauvreté.

« Nous constituons la plus grande chaîne commerciale du monde pour les ultra-pauvres », explique M. Katz. Tout ce qui est à vendre dans ce commerce peut être payé ou acheté au moyen des déchets de plastique : frais de scolarité, assurance médicale, électricité, combustibles durables pour la cuisson, cuisinières à haute efficacité énergétique...

Il ajoute : « La seule façon d’éliminer le plastique des océans est de révéler la valeur de cette matière en en transférant la plus grande partie possible à ceux et celles qui le récupèrent ».

M. Katz a passé une semaine au Vatican, où il a rencontré le pape avec qui il a discuté de la façon dont les 1,2 milliard de catholiques de la planète pourraient s’attaquer au problème du plastique. « Et si chacun d’eux apportait 500 g de plastique à l’église? Ce serait suffisant pour changer le monde ».

Qui sont les gens du plastique?

Que recherche M. Katz lorsque vient le temps d’embaucher des personnes prêtes à prendre part à la révolution de Plastic Bank?   « Je regarde qui elles sont : semblent-elles avoir la capacité de rassembler les gens et d’ouvrir la voie au changement; ont-elles de l’audace? Je cherche des gens qui sont animés par les valeurs que nous partageons ».

M. Katz admet qu’il est difficile de trouver les bons candidats. Et lorsqu’il tombe sur la perle rare, il se retrouve devant un dilemme moral.

« Si je vous dis oui, je dois dire non à tous les autres candidats qualifiés dans le monde. Pourquoi êtes-vous la bonne personne? Qui êtes-vous? Qu’est-ce qui vous distingue des autres? »  Tous les candidats répondent : « C’est mon but dans la vie, je veux sauver les océans ». « Très bien. C’est ce que tout le monde veut. Mais en quoi êtes-vous différent des autres? Qui êtes-vous? Pouvez-vous créer, bâtir, accomplir, surmonter et persévérer? Je recherche des gens qui souhaitent pallier leurs propres incapacités ».

Katz est également plus enclin à engager des femmes, pour la simple et bonne raison que « les hommes veulent gagner, alors que les femmes souhaitent voir tout le monde gagner. Elles veulent tout naturellement que les autres gagnent ».

Lorsqu’on lui demande s’il doit créer ou inventer de nouveaux rôles pour un modèle d’affaires aussi révolutionnaire, sa réponse est plutôt étonnante.

« On invente au fur et à mesure! Nous ne connaissons pas les rôles qu’il faut créer parce que Plastic Bank est un concept qui n’existe nulle part ailleurs ».

Alors que la crise des déchets de plastique s’aggrave d’heure en heure, nous pouvons remercier messieurs Katz et Frankson d’avoir trouvé une solution aussi simple que géniale à ce problème désespérant. Voilà un exemple parfait de l’économie circulaire dans toute son efficacité.

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