Devrais-je accepter un emploi même si cela me semble représenter un pas en arrière dans l’évolution de ma carrière?

06 avr. 2020

Devrais-je accepter un emploi même si cela me semble représenter un pas en arrière dans l’évolution de ma carrière?

Au cours des prochains mois, certains cadres pourraient considérer un poste qu’ils n’auraient jamais envisagé avant cette pandémie. Face à une telle décision, que devriez-vous faire?

Bien des choses ont changé en un an. L’an dernier, nous aidions nos clients à surmonter les pénuries de talents et à relever leurs défis en matière de développement du leadership et de planification de la relève. Et tandis que 2020 s'annonce comme une année hors du commun, les organisations continuent de recruter et font preuve d’une capacité d'innovation extraordinaire. Les organisations cherchent des moyens de soutenir leurs équipes, leurs clients et leur collectivité en innovant plus que jamais. Nous devons tous être prêts à changer de cap pour traverser cette tempête. Il en est de même pour votre parcours professionnel.

Plusieurs candidats à la recherche d’emploi nous ont demandé conseil sur le bien-fondé d’accepter un poste qui ne cadre pas avec leur trajectoire professionnelle initiale - et qui, avant, aurait pu être perçu comme un retour en arrière. Devriez-vous accepter un poste pour lequel vous semblez surqualifié? Nous avons demandé à nos experts en recherche de cadres et en leadership de se pencher sur la question.

Une carrière est un long périple…

Lorsqu’il envisage un nouvel emploi, tout candidat doit se poser les questions suivantes – peu importe la nature du poste :

  • Suis-je prêt pour ce changement? Ce poste me permettra-t-il de respecter à la fois mes engagements familiaux et professionnels?
  • Présente-t-il des défis et des possibilités d'apprentissage?
  • M’apportera-t-il une satisfaction professionnelle et saurais-je ajouter de la valeur à l'organisation?

« La plupart des cadres supérieurs trouvent difficile d’accepter une baisse de salaire ou une réduction de leurs responsabilités, mais parfois le marché impose de nouvelles règles qui échappent au contrôle de tout et chacun », explique Jennifer Ward, associée d’Odgers Berndtson basée à Calgary. « Le ralentissement économique en Alberta signifie que de nombreux postes de direction n'existeront tout simplement plus. Ceux qui sauront tirer leur épingle du jeu ne regretteront pas la façon dont les choses se passaient avant. Ils seront des leaders ouverts d'esprit, agiles et courageux qui trouveront des moyens d'apprendre, de s'adapter et de grandir. »

Michael Williams, associé au bureau d'Ottawa, est d'accord: « En cette période de crise, vous devez évaluer votre propre valeur par rapport au marché. Rappelez-vous que les meilleurs sortent toujours du lot. Si ce poste semble présenter des défis moins intéressants que votre poste précédent, voyez-y une occasion de démontrer vos forces et d’évoluer au sein de l'organisation. »

Votre curriculum vitae raconte votre histoire

De nombreux dirigeants se préoccupent de savoir comment un changement de cap sera perçu, ou s’ils peuvent recentrer leur carrière après une déviation transitoire. Eileen Dooley, accompagnatrice et experte en leadership, déconseille de trop s'inquiéter à ce sujet.

 « Rien n'est éternel, alors ne vous inquiétez pas pour le long terme en ce moment », dit-elle. « Il est beaucoup plus productif de rester concentré sur le défi à relever et avoir un impact positif sur l'organisation que vous envisagez rejoindre. Cherchez plutôt les occasions d’apprendre et de créer de la valeur maintenant. »

Il faut s’approprier le récit de sa vie professionnelle et bien l’expliquer à un recruteur ou employeur potentiel, » explique Amanda Bugatto, directrice nationale, prestation de services de recrutement chez Odgers Berndtson. « Si vous avez occupé un poste comportant moins de responsabilités, que ce soit pour des raisons personnelles ou pour essayer quelque chose de nouveau – ou que vous l’ayez accepté en temps de crise – dites-le-nous. Soyez prêt à partager ce que vous avez appris sur vous-même, les nouvelles compétences et connaissances que vous avez acquises et comment vous avez grandi dans le poste – soyez transparent et ne dissimulez rien. » Jennifer abonde dans le même sens : « Je n’ai jamais tenu rigueur à quiconque d'avoir occupé un emploi ‘’en attendant’’. Cela fait partie de son parcours. Chaque poste apporte une nouvelle expérience et une nouvelle perspective. »

« Tout le monde se souviendra de ce qui s'est passé en 2020 », ajoute Eileen. « Vous ne serez pas seul à avoir adapté votre trajectoire professionnelle. Les leaders futés utiliseront ce temps pour réfléchir à leurs objectifs de carrière et mettre en œuvre une stratégie pour les atteindre. »

Embaucher un candidat surqualifié

Les employeurs devraient-ils être préoccupés par l’embauche de candidats surqualifiés?  « Vont-ils s'ennuyer? Vont-ils partir lorsque les conditions du marché s'amélioreront? » Ce sont des questions importantes à considérer pour toute nouvelle embauche, peu importe les circonstances.

« Le nombre de postes-cadres est en diminution dans chaque secteur et chaque fonction », affirme Jennifer. « Toute embauche comporte un certain risque, mais présente aussi une excellente occasion pour les organisations de profiter de l’apport d'un gestionnaire chevronné. »

« C’est peut-être l'occasion idéale de recruter des talents exceptionnels », ajoute Michael. « Toutefois, il incombe aux employeurs de contribuer à la satisfaction professionnelle, de mettre à profit les nouvelles compétences et de mobiliser les employés. Nous devons tous nous rappeler qu'il n'y a pas de candidat idéal ni de poste idéal. La transparence, l'agilité et l'ouverture d'esprit sont essentielles pour traverser cette tempête. »