Cette histoire remonte jusqu’à une pionnière de la chimie appelée Marie la Juive qui vécut aux environs du IIe siècle avant notre ère, et s’échelonne jusqu’à la physicochimiste Rosalind Franklin, qui a participé à la découverte de la structure de l’ADN.

Cette histoire parle aussi d’Ada Lovelace, une mathématicienne du XIXe siècle, dont les travaux ont ouvert la voie à l’informatique, et de Grace Hopper, une mathématicienne américaine qui a mis au point le tout premier ordinateur commercial.

Et l’histoire se poursuit encore aujourd’hui.

Étoiles montantes

La liste des candidates sélectionnées l’année dernière pour le défi des jeunes entreprises dirigées par des femmes (Women Startup Challenge), un événement tenu par l’organisme à but non lucratif américain Women Who Tech, Craig Newmark du site Craigslist et le fonds philanthropique Craig Newmark, offre un aperçu des étoiles montantes du domaine de la science et de la technologie.

La gagnante, Alexandra Grigore, a cofondé l’entreprise Simprints après avoir obtenu son doctorat en nanoscience à l’Université de Cambridge. En partenariat avec des organisations telles que l’UNICEF, Simprints utilise un capteur d’empreinte digitale pour relier les patients à leur dossier médical en ligne. Cette entreprise à but non lucratif offre un accès à de meilleurs soins médicaux à quelque 90 000 personnes en Asie du Sud et en Afrique.

Figuraient également sur la liste :

L’entrepreneure britannique Samantha Payne dont le projet Open Bionics permet l’impression 3D de membres bioniques pour les enfants.

Lifebit, un système d’exploitation destiné à la génomique, a été conçu par l’Espagnole Maria Chatzou.

Kristina Tsvetanova, une entrepreneure bulgare basée à Vienne, dirige BLITAB Technology, une entreprise qui conçoit la toute première tablette tactile pour les personnes aveugles ou malvoyantes.

Tespack, une entreprise cofondée par la Finnoise Caritta Seppa et la Britannique Yesika Aguilera basée à Helsinki, vise « l’indépendance énergétique » pour tous grâce à une technologie portable utilisant l’énergie solaire pour recharger les téléphones cellulaires et les tablettes en quelques minutes plutôt qu’en quelques heures.

« En moyenne, la moitié des gens se retrouvent avec une pile à plat une fois par jour », explique Caritta Seppa, et on ne parle que des villes. Pour ceux qui se trouvent dans des régions isolées, ou encore les militaires en mission sauvetage, l’accès à l’énergie devient vital. »

La clientèle de Tespack est composée d’organisations diverses allant de Vodafone aux Nations Unies. Elle compte même au nombre de ses clients Gender, le Forum spatial autrichien, avec qui elle « met au point et teste des solutions d’énergie mobile en vue d’une mission sur Mars ».

Une autre planète Terre

Du côté du Canada, Sara Seager (photo ci-dessus) a découvert le plaisir d’explorer d’autres mondes à un très jeune âge. Dans ses plus vieux souvenirs, elle se rappelle avoir admiré la Lune dans un télescope avec son père.

Aujourd’hui, elle est astrophysicienne et planétologue au Massachusetts Institute of Technology (MIT), où elle mène des recherches pour trouver une autre planète Terre à l’aide du satellite de recensement des exoplanètes en transit (TESS), conçu pour repérer des planètes similaires ailleurs dans l’Univers. Le satellite surveillera plus de 200 000 étoiles afin de repérer toute perte de luminosité causée par une planète en orbite.

« De nombreuses personnes, y compris moi-même, cherchent des signes d’autres formes de vie dans les formations gazeuses inhabituelles, que nous appelons signatures gazeuses », explique-t-elle.

« C’est là l’objectif de trouver des planètes à proximité. À plus grande échelle, nous cherchons à mieux comprendre les planètes : pourquoi notre système solaire est-il si rare, comment les planètes se forment-elles et évoluent-elles, y a-t-il des planètes comme la nôtre, et qu’est-ce que cela nous dit sur notre propre planète Terre? »

Secrets universels

La professeure Seager est une des nombreuses femmes à avoir découvert les secrets de l’Univers.

L’astronome nord-irlandaise Jocelyn Bell Burnell, qui a découvert le pulsar dans les années 1960, en est un autre exemple.

L’informaticienne Margaret Hamilton a vu ses efforts reconnus tardivement en tant que conceptrice du logiciel – elle est à l’origine de l’expression « ingénieur logiciel » – qui a guidé les missions Apollo de la NASA et amené l’Homme sur la Lune.

En 2016, lorsque Barack Obama a remis à Mme Hamilton la médaille présidentielle de la Liberté – la plus haute distinction honorifique civile accordée aux États-Unis –, ce fut la confirmation de la reconnaissance qu’elle méritait depuis si longtemps.

Cet exemple – aucune femme n’a marché sur la Lune, mais c’est grâce à l’ingéniosité d’une femme que des hommes ont pu le faire – montre bien les difficultés auxquelles une femme peut faire face avant que son talent soit reconnu.

Bien des progrès restent à accomplir, mais nombreux sont ceux, hommes et femmes, qui ont l’intention de changer les choses.

Dans la prochaine partie de cette série sur les femmes du domaine des sciences et des technologies, nous rencontrerons certaines personnes qui ont milité pour l’égalité et nous nous intéresserons à la façon de changer la culture aux échelons supérieurs afin que les femmes talentueuses puissent mener la carrière qu’elles méritent.

Cet article est le premier d’une série de deux articles examinant le rôle des femmes dans les sciences et les technologies et est paru dans le dernier numéro du magazine Observe d’Odgers Berndtson.

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